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Nous n’avons pas peur de vous

Vendredi 13. La date idéale pour une histoire d’horreur au cinéma. Vendredi 13 Novembre 2015. La date réelle d’une véritable histoire d’horreur à Paris. Et cette fois, ce n’est vraiment pas du cinéma.

Ce soir-là, j’étais assise en face de la télévision avec mon père, nous regardions le match France-Allemagne d’un œil distrait et encore insouciant, jusqu’à ce terrible coup de sifflet final. Ce son, bien que survenu après la boucherie dans les rues de Paris, retentit comme l’inexorable gong du début des massacres pour nos esprits, désormais traumatisés.

A 22h56, Flash-info. Nature de la tragédie : attentats terroristes. Nombre d’attaques : 8. Lieu des attaques : Paris, capitale mondiale du tourisme, de la culture, de la mode, de la gastronomie, bref… de la vie. Auteurs : monstres ayant pris forme humaine. Bilan : 130 morts. Cible : l’Humanité.

Devant mon écran de télévision, unique barrière entre moi et l’horreur, la bouche bée, les yeux écarquillés et les sourcils plissés en signe d’impuissance, un amer sentiment de déjà-vu me gagne. « Nous y revoilà » me dis-je. La tuerie de Janvier n’était donc pas un événement isolé, l’œuvre de quelques égarés désireux d’en finir avec la vie. Non, ces aliénés, enfermés dans le cabanon de l’intégrisme religieux sont une véritable menace. Peu à peu, en France et dans le monde, l’indignation occasionnelle laisse place à la crainte continuelle.

Sanglante fut l’année 2015 pour la ville aux cent villages. Encore une fois, la cité de l’amour devient la cité de la mort, l’espace d’une nuit, plusieurs vies se sont éteintes dans la Ville Lumière. Mais une fois de plus, elle a su se relever de ses cendres. Et plus encore, elle saura vous vaincre, affreux faucheurs de vies innocentes. NOUS, saurons vous vaincre.

Vous voulez porter de grosses barbes effrayantes, un gros bleu sur le front et des burqas fantomatiques ? Mais faites donc ! Vous voulez n’avoir aucune forme de culture, d’occupation ou de loisirs et être étanches au savoir? Libre à vous. On ne vous en empêche pas. Et pourtant, Dieu sait, que pour nous, là est le plus haut degré de mécréance, le plus haut point d’égarement, mais est-ce que l’on vous tue pour autant ? Non.

Chacun d’entre nous, chaque personne vivant sur cette terre a le droit de vivre comme il l’entend, du moment qu’il ne nuit à personne. Cela veut dire que nous avons le droit de sortir, de nous amuser, de danser, chanter, boire, fumer, manger, crier, jurer, cracher, sauter, courir, aimer, haïr, mentir, mais vous n’avez pas le droit de nous tuer pour cela. Cela paraît simple, élémentaire, évident, mais aujourd’hui encore, après plusieurs millénaires de civilisation, l’Homme, cet être « pensant », n’arrive pas à comprendre cet énorme truisme.

Nous, sommes des Hommes. Mais vous ?  C’est comme si vous aviez choisi l’animalité, la monstruosité, décidé de suivre les plus primaires de vos instincts. Nous, avons choisi l’humanité, la compassion, nous avons décidé de penser. Qui sortira victorieux de ce combat ? La réponse est écrite, elle est prédéfinie, connue, mais vous, misérables ignorants, ne le savez pas.

Nous avons la science, la culture, le savoir, la liberté, l’amour, la pitié, la justice, le goût de la vie, et au service de tout cela, des armes. Et vous, qu’avez vous ? Les armes. Et à leur service, une religion. La guerre est inégale, mieux auriez vous fait de ne pas la déclarer. Vous vous sentez plus forts car vous lancez les hostilités et que nous sanctifions la paix. Quelle ne sera pas votre effroi lorsque vous réaliserez votre insignifiance face à la civilisation humaine…

Selma Bensalem, TS4 – Liad, Alger

Article publié dans le Journal du Liad n°14, janvier 2016


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janv. 14, 2016 Catégorie : Billets Posté par : auteur1